La société est violente, pas les militants

La société est violente, pas les militants

À l’heure des choix, de nombreuses voix s’élèvent pour contester des décisions ou plutôt un manque de décisions, concernant l’urgence environnementale sans précédent que connaît notre société. Cette crise attire de plus en plus de personnes vers le militantisme.

Le militantisme, c’est quoi ?

Rappelons que militer c’est simplement agir en réaction à ce qui nous semble être une injustice.

De nombreux scientifiques militent depuis des décennies pour se faire entendre concernant la crise environnementale actuelle mais, malgré leurs efforts, la société moderne semble faire la sourde oreille. Depuis peu cependant, avec l’aide de citoyens engagés, les voix qui nous semblaient lointaines commencent à se faire plus audibles.

Désormais en Europe comme ailleurs, certaines personnes stoppent un événement sportif en s’attachant au filet d’un terrain de tennis. D’autres jettent de la sauce tomate sur la vitre protégeant un célèbre tableau. Plus important encore, les scientifiques eux-mêmes descendent dans la rue pour protester, au risque de se faire arrêter ou simplement d’être ignorés, au détriment de leur santé.

Nous sommes en 2022 et des éminents membres du GIEC se font arrêter pour avoir protesté contre l’inaction climatique. Pourtant, de plus en plus, les voix s’élèvent, la colère gronde.

Les oeillères de la société

Le message d’Alizée à Roland Garros n’est pas passé. C’est sous les huées qu’elle s’est faite sortir : on ne blague pas avec le sport. Le climat, ça attendra. Les militants qui aspergent de sauce tomate ou de purée de pomme de terre la vitre d’un tableau non plus, n’ont pas été entendus.

Sur les réseaux sociaux, ces actes subissent un festival d’insultes, de misogynie et bien évidemment de menaces de mort. Cela reflète l’écart toujours trop grand entre les personnes qui se moquent éperdument de l’avenir de l’humanité et celles qui s’engagent toujours plus.

Actes non-violents

Toutes ces actions ne sont pas violentes, contrairement à ce que les médias traditionnels tentent de renvoyer.

Les militants, usant de la désobéissance civile pour se faire entendre n’ont aucun intérêt à détruire des choses de valeur ou blesser quelqu’un.

C’est d’ailleurs pour cette raison que les militants se laissent embarquer par les forces de l’ordre, sans grande résistance. D’une part pour leur sécurité et d’autre part afin de ne pas véhiculer l’image de personnes violentes.

étiquettes, Insultes, menaces

Puisque nous en sommes à parler de (non-)violence, il me semble important de rappeler que les militants ne méritent pas l’étiquette de “terroriste” ou de “khmer vert”. Les terroristes et coupables de génocides sont des personnes violentes. Les personnes qui insultent ouvertement sur les réseaux sociaux sont des personnes violentes, et cette violence est inacceptable.

Alizée, la militante de Dernière Rénovation ayant interrompu seulement 10 minutes de Roland Garros de manière non-violente a passé 40 heures en garde à vue après s’être faite huer par la foule. Qui est violent ?

Les militants ayant jeté de la sauce tomate sur la vitre d’un tableau de Van Gogh sont insultés d’abrutis, de mochetés, d’imbéciles. On demande à ce qu’ils soient punis avec « la plus extrême sévérité ». Pour de la sauce tomate, vraiment ? Qui est violent ?

Du désespoir naît l’espoir

Ces personnes se battent pour l’avenir de tout le monde. Pour les générations actuelles mais aussi pour les générations futures.

Les militants passent le plus clair de leur temps et bien souvent bénévolement à tenter d’informer, sensibiliser, démontrer les aberrations de notre société et pour cela, ils ont et auront toujours mon respect, même si l’acte en lui-même peut sembler parfois maladroit.

Venir croire que ces personnes font ça pour un quart d’heure de gloire c’est ne pas avoir compris les enjeux environnementaux actuels.

Ces personnes sont désespérées. Cela fait 50 ans que les scientifiques alertent sur les risques, et les jeunes citoyens n’ont pas attendu Greta Thunberg pour faire des discours sur l’impact qu’a l’espèce humaine sur la planète : Severn Cullis-Suzuki, en 1992 au sommet de Rio l’a fait. D’autres ont suivi, d’autres suivront.

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