Réchauffement climatique – Causes et conséquences

Réchauffement climatique – Causes et conséquences

Édito

Je tiens à remercier Jean Jouzel, directeur de recherche émérite au CEA (Commissariat à l’Énergie Atomique et aux Énergies Alternatives), Olivier Cantat, géographe-climatologue à Caen pour l’inspiration de cet article. J’ai eu la chance de les écouter lors d’une table ronde à Caen vendredi dernier, l’occasion de rappeler certaines choses, et d’en apprendre d’autres.

Je remercie également le CNRS de mettre à disposition sur son site toute une série d’illustrations/infographies afin de mieux comprendre les causes et conséquences du réchauffement climatique.

Réchauffement climatique – Les causes

Avant toute chose, il est important de rappeler que le réchauffement climatique est issu d’un consensus scientifique. Aucun corps scientifique d’ampleur national n’a contesté l’origine anthropique du réchauffement climatique depuis 2007. [Source : « Le consensus scientifique sur le réchauffement climatique« , CNRS]

Il est également important de souligner le fait qu’un consensus scientifique est un processus long qui émerge au fil du temps, dont la crédibilité implique la transparence, la qualité des preuves et les meta-analyses.

J’insisterai personnellement sur l’intérêt de comprendre qu’on ne peut pas être géologue-minier professionnel des énergies fossiles et émettre des doutes sur le réchauffement climatique d’origine anthropique, à moins d’y voir un conflit d’intérêt… (c’est du déjà-vu !)

Ce consensus scientifique est issu de milliers d’articles scientifiques, apportant chaque jour de nouvelles preuves, et même Jean-Michel SUV qui nous explique sur Facebook que les cycles solaires ont toujours existé, et que l’humain n’est pas responsable, ne pourra rien y changer.

IPCC AR6 W1 – Résumé pour les décideurs

Les deux graphiques ci-dessus, qui viennent du dernier rapport du GIEC font un premier constat : depuis l’ère pré-industrielle, on observe un réchauffement climatique rapide, avec un facteur très important pour les activités humaines. (à droite)

Le premier, à gauche, exprime une moyenne par décennie des changements de température sur le surface du globe depuis 2000 ans.

Le second, à droite, exprime lui, une moyenne par année, à partir de l’ère pré-industrielle, à savoir 1850 jusqu’en 2020. (Le rapport étant sorti en 2021)

Mais est-ce suffisant pour exprimer les causes de ce réchauffement ?

Ce qui fait que le climat change – naturellement ou pas – vient des rayonnements solaires. C’est un équilibre entre les rayonnements absorbés par la Terre et ceux renvoyés dans l’espace. L’effet de serre (phénomène naturel par défaut) permet de garder une partie de ces rayons afin de réchauffer l’atmosphère. La température moyenne sur Terre, sans les nuages avoisinerait -18°C. Nous sommes donc bien content d’avoir un effet de serre naturel afin de permettre de vivre sur notre belle planète bleue.

Les phénomènes naturels responsables ?

Au fil des millénaires, des variations du climat ont pu être observées comme l’éruption d’un volcan, l’inclinaison et l’orientation de l’axe solaire, etc.

Cependant, ces phénomènes n’ont eu qu’un impact faible sur l’holocène (-12000 ans à nos jours).

Qu’arrive-t-il lorsque l’être humain ajoute son grain de sel ?

Revenons à nos volcans. Un exemple très marquant est celui de l’éruption du volcan Eyjafjöll en Islande, en 2010. Il a émis par jour, au plus fort de son activité, 100 fois moins de CO2 que la Chine par jour sur cette même année. [Source : « Le climat a-t-il toujours changé ?« , CNRS]

Je ne vous apprendrai rien en vous disant que le CO2 est un gaz à effet de serre et que son origine, naturelle ou humaine, a le même effet dans l’atmosphère.

Donc si un volcan peut faire varier légèrement le climat sur Terre, un pays le peut tout autant. Amenez ça aux activités de CHAQUE pays, CHAQUE jour, sur TOUTE une année, cela commence à faire beaucoup d’émission de CO2 dans l’atmosphère (sans parler d’autres gaz a effet de serre encore plus puissants, comme le méthane), engendrant donc des variations climatiques. Et non, ce n’est pas parce qu’il fait très froid en ce moment que le réchauffement climatique est une blague faites par des écolo voulant vous imposer une dictature verte. Si vous pensez ça, c’est que vous confondez météo et climat. Je vous invite donc à vous documenter auprès du CNRS. [Source : « Différence entre météo & climat« , CNRS]

L’activité humaine n’a de cesse d’augmenter depuis bientôt 200 ans, entraînant une hausse rapide de la température moyenne à la surface de la Terre. Ces mêmes variations ont pu être constatées il y a plusieurs centaines de milliers d’années lors d’événements naturels, mais ces variations de températures ne se sont pas faites en un laps de temps aussi court : il s’est passé des dizaines de milliers d’années avant de constater une hausse de +1 ou +2°C. Actuellement, cela a pris 150 ans pour arriver à +1.1°C et la trajectoire actuelle pourrait nous mener vers un +3°C (et même plus) d’ici 2100 si nous ne changeons rien. La faune et la flore n’aura pas le temps de s’adapter, et à l’époque, nous n’étions pas 8 milliards d’être humains sur Terre. Si vous avez un paragraphe à retenir, c’est celui-ci.

Réchauffement climatique – Les conséquences

Le réchauffement climatique est un des problèmes majeurs de notre siècle (il y en a d’autres, comme la chute de la biodiversité, j’en parle dans un article ici). il est donc important de comprendre les conséquences que va avoir ce réchauffement sur nos vies. Parce que oui, le réchauffement est en marche et il faut désormais atténuer et résorber nos émissions. Cela prendra des décennies, le CO2 restant une centaine d’années dans l’atmosphère et pendant ce temps, il faudra s’adapter.

Canicules

2022 a été marquée par une série de vague de chaleur de Mai à Octobre. Vous pouvez constater sur le graphique ci-dessous venant du compte LinkedIn de Serge Zaka, docteur-chercheur en agroclimatologie.

Serge Zaka sur LinkedIn

Ces fortes températures ainsi que leur durée plus longue seront de plus en plus présentes dans notre quotidien. Pour le confirmer, les scientifiques comparent les probabilités d’apparition des canicules avec et sans activité humaine et déterminent statistiquement la durée moyenne au cours de laquelle une canicule d’une même intensité pourrait se reproduire. [Source : « Aura-t-on plus de canicules avec le changement climatique ?« , CNRS]

Les effets de la canicule sont une forte fatigue, des effets cardiovasculaires et respiratoires, naissances prématurées… Lors d’une journée caniculaire, le risque de décès peut être jusqu’à 4 fois plus important qu’un jour normal.

Hausse du niveau de la mer

En premier lieu, il est important de savoir qu’une personne sur dix vit à moins de 10 mètres au dessus du niveau de la mer actuel. La hausse du niveau de la mer va donc mettre en danger 800.000 êtres humains.

La hausse des températures dilate les molécules d’eau. Ces dernières, prenant plus de place, génèrent automatiquement une hausse du niveau de la mer. Une autre raison expliquant cette hausse du niveau de la mer est la fonte des glaces, et plus précisément les glaces continentales, les glaciers et les calottes glacières. [Source : « Pourquoi le niveau de la mer augmente avec le réchauffement climatique ?« , CNRS]

La glace déjà présente dans l’eau (comme les icebergs) n’a aucun effet sur la hausse du niveau de la mer : je vous renvoie au concept physique de la poussée d’Archimède pour en apprendre d’avantage.

Sécheresses

Encore une fois, 2022 nous a prouvé à quel point nous n’étions pas prêt concernant le changement climatique. Le manque d’eau s’est fait ressentir avec des restrictions dans la plupart des régions en France.

Une sécheresse, c’est une période anormalement sèche et suffisamment longue pour engendrer un grave déséquilibre hydrologique. Le climat, le type de sol, la végétation sur place et les saisons précédentes ont des effets sur de potentielles sécheresses. La sécheresse à d’importantes et de nombreuses conséquences, et les interactions entre elles sont très nombreuses. Je laisse donc le CNRS vous expliquer tout ça en détail. [Source : « Sécheresse et réchauffement climatique en France« , CNRS] Sachez simplement que la sécheresse va engendrer entre autre une baisse du rendement agricole, faisant planer le spectre de la famine dans de nombreuses régions du monde.

Inondations

L’artificialisation du sol, la hausse du niveau de la mer, les sécheresses qui empêchent l’absorption de l’eau par le sol, l’augmentation de la fréquence et de l’intensité d’autres phénomènes atmosphériques comme les cyclones engendrent déjà et engendreront de plus en plus d’inondations. Ces inondations sont clairement l’une des plus grosses problématiques à l’heure actuelle.

Cyclones, tiphons, ouragans

Nous parlerons ici d’ouragans pour l’Atlantique Nord. Ces ouragans semblent de plus en plus fréquent dans cette région du globe mais, comme ces derniers sont observés que depuis une soixantaine d’années et que leur observation se fait sur plusieurs décennies, nous ne pouvons pas encore attester que le réchauffement climatique en est la cause première. [Source : « Ouragan, tiphon, cyclone et réchauffement climatique« , CNRS]

Autres phénomènes

Fonte du permafrost, ralentissement du Gulf Stream, mégafeux, acidification océanique… Sont autant de conséquences du réchauffement climatique. Je vous invite donc à vous rapprocher des superbes illustrations du CNRS (en partenariat avec le média indépendant Bon Pote) pour mieux comprendre ces phénomènes.

Mégafeux : ici

Gulf Stream : ici

Permafrost : ici

Acidification océanique : ici

Vous pouvez retrouver également ces infographies dans le livre « Tout comprendre (ou presque) sur le climat » du CNRS et Bon Pote. (Promis j’ai pas d’actions chez eux.)

Conclusion

Ces conséquences du réchauffement climatique vont changer nos vies. J’assistais hier à une conférence de Maud Fontenoy, navigatrice en solitaire (elle a fait le tour du monde en bateau à rame à contre-courant, c’est à dire face au vent). Conférence très intéressante sur la volonté, la force de ses convictions mais surtout sur l’adaptabilité. Je citerai donc Maud :

On a toujours des imprévus, même quand on est bien préparé. Il faut donc se préparer au quotidien pour pouvoir surmonter ces imprévus !

Maud Fontenoy

S’adapter et faire preuve de volonté va donc être à mes yeux la porte de sortie dans un monde où les températures augmentent, la biodiversité chute, le plastique pollue les sols et les océans et où les conflits armés s’accentuent…

Est-ce que ça puerait pas un peu pour nous ?

Oui et non.

Oui, si on ne fait rien, non (ou presque) si on parvient à réduire la voile et à s’adapter. Pour l’adaptation, un autre article va voir le jour dans les semaines à venir, ce sera la deuxième partie de cet article afin d’apporter quelques solutions à ces différents problèmes.

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