[Témoignages] Faut-il aller jusqu’à changer de travail pour sauver la planète ?

[Témoignages] Faut-il aller jusqu’à changer de travail pour sauver la planète ?

Édito

Oui.

Du moins, à mes yeux.

Ça, c’est la réponse facile. Maintenant détaillons un peu les raisons qui poussent à vouloir changer de job pour sauver la planète. D’ailleurs, à ce sujet, la vraie question serait plutôt “Faut-il aller jusqu’à changer de travail afin de nous sauver ?” car la crise environnementale sans précédent que l’on connaît risque bel et bien de nous détruire.

Job à impact, reconversion, shift…

Quand on parle de reconversion, on parle de changer non pas de métier, mais carrément de changer de domaine. On peut changer de métier sans se reconvertir, un développeur logiciel peut très bien devenir développeur web : deux métiers différents, un seul et même domaine.

Pour commencer son “shift”, à savoir son “changement”, il faudrait déjà définir ce qu’est un job à impact : C’est un job qui, au-delà d’une vision écologique ou sociale, matche parfaitement votre personnalité. Le but est de ressentir que ce travail a un véritable “impact” autour de soi. Lire l’interview complète de Laurent Polet pour Make Sense.

D’une façon générale, il est évident qu’un job à impact aura un lien (in)direct avec le social ou l’écologie et ne sera très certainement pas un bullshit job.

Ensuite, et c’est là le plus important, il faut définir ce que vous voulez faire. Des jobs à impact, il y en a des centaines. Pour ça, je vous invite d’une part à vous questionner sur vos goûts, ce que vous aimez faire mais aussi sur vos compétences et vos “soft skills”. Si vous n’aimez pas prendre la parole en public, ou si vous n’êtes pas à l’aise avec les relations commerciales, vous ne serez probablement ni professeur ou intervenant, ni commercial.

Mais ce n’est aucunement un problème, puisque comme je l’ai dit, il existe un large éventail de métiers, vous pourrez en trouver sur Make Sense ou encore Birdeo. Certains métiers sont émergents, et d’autres encore sont à créer pour un monde meilleur.

Source : Les Echos

Quelles sont les implications ?

Tout d’abord, un simple constat. Changer de travail, c’est parfois changer de domaine d’activité. Ça sous-entend qu’il faut réapprendre tout ou partiellement.

En détail, c’est donc :

1️⃣ mettre de côté une partie de ce que l’on savait, les compétences techniques acquises durant vos études et votre actuel job, pour se concentrer sur l’acquisition de nouvelles compétences et ça, c’est le début d’un long travail de soi. Toutefois il subsiste l’opportunité de faire valoir tout ou partie de ses compétences acquises pour favoriser la bascule vers un job plus “vert” en faisant valoir ses anciens domaines de compétence.

2️⃣ se mettre potentiellement en difficulté physiquement et mentalement. S’ajouter une charge aussi importante que de nouvelles études ou formations, alors qu’on a potentiellement une vie déjà bien remplie (Avec des enfants, son travail actuel, ses hobbies…), c’est fatiguant. Cela peut même être éreintant.

3️⃣ parfois se mettre en difficulté financièrement.

Dans le cadre d’un salariat, vous vous assurez des revenus qui vous permettront de vous former de manière sereine. La contrainte principale sera le temps : jongler entre sa vie professionnelle et sa vie privée n’est déjà pas une mince affaire, alors y ajouter une formation en plus ? Quelle folie ! 🤯

Dans le cadre de l’entreprenariat ou du freelancing, il est probablement plus aisé de caler sa formation dans son planning, puisque ce dernier ne dépend que de vous. Le souci sera plutôt financier, puisque vous aurez probablement le réflexe de réduire votre temps de travail effectif pour vous adonner à votre nouvelle passion : votre reconversion !

Témoignages

J’ai recueilli un certain nombre de témoignages de gens ayant “shifté” dès la fin de leurs études ou en cours de route, après avoir travaillé plusieurs années dans un job qui n’était pas aligné avec leurs valeurs. (Moi le premier !)

Gabrielle Piot

Gabrielle a choisi des études directement dans le domaine environnemental avec un Master of Science à l’université de Glasgow, en double diplôme avec ses études d’ingénieure dans le BTP.

“J’étais dans le BTP, peu de rapport avec l’environnement de prime abord. Puis, j’ai appris que le BTP représentait 1/4 des émissions de GES en France, 40% des émissions de GES mondiales, et 70% des déchets en France. Ça m’a fait un choc. Aujourd’hui, même après avoir shifté, je n’ai pas quitté le BTP, puisque je suis consultante en immobilier durable. Mes formations me permettent donc de faire du conseil environnemental et bas carbone, plus précisément en économie circulaire.“

Gabrielle Piot

“Je pense qu’il est possible de shifter durant/dès la sortie de ses études si on se donne les moyens et qu’on ose. En effet, ce n’est pas parce que vous avez commencé des études dans un domaine précis que vous devez suivre les voies classiques auxquelles il vous destine.“

Gabrielle Piot

“Je sais que tout le monde n’a pas la possibilité de shifter (temps, argent etc.). Mais je pense que si on a cette possibilité, il vaut mieux le faire afin d’être en accord avec ses valeurs dès le début et ne pas perdre cette flamme et cette rage de vouloir changer le monde. En plus, lorsque l’on est en études, on a la chance de ne pas être trop figé et d’avoir du temps pour se former. Ce temps, je l’ai pris et vous conseille de le prendre : il y a énormément de ressources disponibles et gratuites pour avoir de réelles et solides connaissances sur les sujets environnementaux. C’est ce qui m’a donné confiance, motivation et crédibilité.”

Gabrielle Piot

Frédéric Portmann

Frédéric travaille lui aussi dans le BTP, chez Bouygues Construction ce qui lui permet d’avoir de solides connaissances dans ce secteur. Comme beaucoup, il se forme et s’informe sur les sujets environnementaux, lui permettant d’être plus en accord avec ses principes et agir de l’intérieur.

“Je m’étais posé la question du job il y a quelques mois, et j’étais globalement d’accord avec le raisonnement de Jean-Marc Jancovici qui disait que tu as le choix entre essayer de changer les choses depuis l’extérieur du système en rejoignant une association ou un collectif qui sensibilise voire agit de façon plus ou moins coordonnée avec plus ou moins d’impact, soit tu rejoins le monde de l’entreprise et tu essaies de changer les choses de l’intérieur. Évidemment on a besoin des deux.”

Frédéric Portmann

On rejoint ce que j’évoquais plus haut : Qu’importe que vous souhaitiez shifter complètement ou non. Le principal est d’une part d’être en accord avec vos principes et d’autre part, d’avoir la capacité d’agir que ce soit de l’intérieur ou de l’extérieur.

Frédéric ajoute : “Dans mon cas personnel, j’ai le sentiment d’être au bon endroit au bon moment. Bouygues Construction a compris les enjeux et les à clairement ancrés dans sa feuille de route avec l’apparition de la comptabilité carbone, avec des plans de transformation qui orientent toute la chaîne de valeur, une R&D recentrée sur la réduction des émissions de GES et le biomimétisme, et une stratégie commerciale définie par la valeur ajoutée pour l’ensemble des parties prenantes.”

Frédéric Portmann

Gwenaëlle Bouvier

Gwenaëlle est une passionnée du zéro déchet. Son jardin est un havre de paix pour la biodiversité. Elle cherche actuellement un travail qui a plus de sens pour elle. Elle a choisi de “shifter”, elle aussi.

“Depuis des années je fais des jobs « alimentaires  » tout en essayant de me convaincre que je compense dans ma vie personnelle. Finalement je joue le jeu des greenwashers qui plantent des arbres pour compenser des trajets en avion ou des SUVs. Ma conscience écologique a fini par me ramener à ma propre contradiction.”

Gwenaëlle Bouvier

“Mon éco-anxiété me pousse à en faire plus. Marquer les gens en leur apportant mon savoir, inspirer d’autres personnes. Le colibri c’ est bien, mais ça ne fonctionne que si tout le monde est un colibri. Je veux donc devenir créatrice de colibris. Avoir l’impression d’agir plutôt que de cautionner.”

Gwenaëlle Bouvier

Fabienne

Pour Fabienne, la réponse est “Non”. La question pour elle est plutôt « faut-il changer son job pour commencer par se sauver soi-même ? »

“À titre perso, j’ai quitté un CDI dans la finance et j’ai créé mon entreprise et porté / accompagné des entrepreneurs à impact pendant 3 ans. Cette expérience a été riche d’apprentissages mais j’aurais gagné du temps si j’avais répondu aux 2 questions posées ci-après. J’ai trouvé les réponses avec la permaculture aux vergers pratiquée ensuite en entreprise… J’ai décidé de rejoindre prochainement une entreprise pour bifurquer ensemble vers un modèle d’entreprise régénérative. Plusieurs expérimentations, pas de planète sauvée mais je me suis sauvée de la perte de sens. Changer son job … oui mais en sachant « pour quoi ».”

Fabienne

“Pour savoir quel job est à son image et au plus proche de ses convictions, la réponse à ces deux questions essentielles guide nos actions : Quel futur désirons-nous ? Quel futur est souhaitable ? Prendre le temps de comprendre les enjeux présents et futurs, les liens systémiques et les interdépendances au niveau environnemental, soci(et)al et économique, permet de poser des bases fondamentales et pérennes. On peut ensuite choisir de bifurquer au sein de son entreprise. L’entreprise de demain sera contributive ou ne sera pas. Faisons évoluer notre périmètre d’actions. Fédérons un maximum autour de nous. Agissons là où nous avons le pouvoir, chacun à notre niveau et collectivement, et ce pouvoir immense, n’a de limites que celles que nous nous imposons.”

Fabienne

Marc

Marc est issu du secteur de l’informatique (comme moi 😉) et n’avait aucune connaissance sur le climat jusqu’à la lecture d’un livre de Jean-Marc Jancovici conseillé par un ancien collègue à lui. Il continue de creuser le sujet, s’autoforme et va jusqu’à disposer de la certification Bilan Carbone auprès de l’ADEME et pousser son ancienne entreprise à réaliser en interne sa première évaluation carbone.

« Je creuse encore et encore les sujets énergies et GES, je fini par reprendre une année d’étude via un mastère spécialisé en gestion durable eau énergie déchets, pour disposer d’un faire valoir de connaissances dont certaines sont déjà acquises en partie via l’autoformation. c’était en 2010.

En 2011 j’intègre une association chargée d’accompagner les collectivités dans leurs politiques environnementales. Ma spécialité : statistiques énergétiques et consolidation d’un observatoire régional énergie GES. La révélation, je kiffe ce job, traiter la data énergétique au service des territoires, un boulot qui fait sens et en pleine actualité d’époque sur l’ouverture des datas énergies.

Ma mission : aider les territoires à mieux connaître leur fonctionnement énergétique (incluant la précarité énergétique) afin de les aider à mieux dimensionner leurs politiques d’action énergétique et climatique (PCAET, développement des ENR, sobriété, social…)

Nouvelle opportunité en 2017, j’élargis mon cercle de compétence pour basculer de la data, vers des missions opérationnelles d’ingénierie auprès des collectivités locale, en prise directe avec la sobriété énergétique et la décarbonation de l’administration publique”

Marc

“Le fait que je bosse dans l’informatique a à l’époque aussi aidé à la reconversion en m’appuyant sur une expertise SI pour développer de solides connaissances sur le Green IT, puis l’état d’esprit assez cartésien du milieu facilitant l’appropriation des sujets énergie, ce fut un facteur facilitant pour basculer vers un nouveau métier. Par contre tu ne me feras pas animer une soirée débat ou atelier participatif !”

Marc

Justine

Pour Justine, la prise de conscience a été tardive, ce que ne l’empêche pas désormais d’être engagée.

“Mon témoignage n’a rien d’exemplaire, car je n’ai pas vraiment changé de boulot alors que mon boulot n’est pas bon pour la planète,mon cas de personne qui se réveille très tardivement pour découvrir l’état du monde, avec donc déjà une bonne partie de carrière derrière soi, est sûrement assez commun. C’est dur de se rendre compte qu’on a été si longtemps du mauvais côté, et long de trouver une nouvelle voie quand jusqu’à présent on n’y songeait pas !”

“J’ai fait des études en marketing, et une spécialisation en marketing digital. Quand je suis arrivée sur le marché du travail en 2008, cette discipline était naissante, il y avait beaucoup plus d’offres que de demande, même au plein cœur de la crise de 2008 j’ai décroché très facilement un CDI quand nombre de mes amis peinaient à trouver un premier emploi. J’ai travaillé pendant presque 13 ans en agence de marketing digital et je définissais mon métier comme un métier passion.”

Justine

“J’ai mis un peu de temps avant de rejoindre des associations en lien avec les sujets autour de l’urgence écologique, car je considérais que je n’avais rien à apporter. La première a été les Shifters, dans laquelle je me suis sentie vite très bien alors que j’étais complètement incompétente sur les sujets traités Mais généralement, on est toujours très bien accueilli dans les associations pour les bonnes causes, contrairement au monde néo-libéral. Quand j’ai pu travailler via les Shifters sur une mission anti greenwashing j’ai commencé à me sentir utile et cela m’a fait du bien. Un peu plus de deux ans et demi après, et compte tenu des nombreuses lectures et formations que j’ai pu faire sur les sujets liés à l’urgence écologique en ayant changé de boulot, j’ai pu passer le cap de devenir animatrice de fresques, et cela a été très salvateur pour moi. Cela me fait un bien fou de pouvoir animer des réunions sur un sujet non lié à mon métier. Ainsi, même si je ne sais pas exactement encore quoi faire à titre professionnel, je vais passer à l’étape de faire des fresques dans mon entreprise, tenter de bouger les choses de l’intérieur, et je pense que très vite, avec ces différentes expériences et formations sur ces sujets, un nouveau métier se profilera enfin !”

Justine

Tristan Laurent

Développeur en mission pour Airbus, Tristan se fixe pour objectif de trouver un job à impact dans les 3 ans. En attendant, il s’informe comme de nombreuses personnes, en parallèle de son travail.

“Pour moi il faut des changements rapides, et ça passe aussi par ne plus faire partie d’une industrie climaticide. Personnellement j’en suis au stade où il faut que je me bouge, que je regarde si je peux faire quelque chose à la fois en rapport avec l’environnement ou la biodiversité et en rapport à l’informatique tout en étant à Toulouse. Équation compliquée à résoudre puisqu’à Toulouse on est drivé par l’aéronautique et l’aérospatiale !”

Tristan Laurent

“Si j’arrive pas à résoudre cette équation, je peux tenter la méthode reconversion, donc bilan de compétence, à voir ce qu’il y a sur Toulouse, ma conjointe ayant encore au moins 3 ans d’internat. Par contre une chose est sûr pour moi : il faut que je me reconvertisse ou trouve un job qui a du sens dans les 3 ans (et c’est long, 3 ans) car c’est bien plus simple de prendre la decision maintenant étant encore jeune et n’ayant pas d’enfant.”

Tristan Laurent

Mais quels choix de métier ?

Alors à vous qui vous demandez si vous devriez quitter votre job pour faire quelque chose de concret pour le monde de demain je vous dis d’abord trois choses :

  • Si vous pensez pouvoir changer les choses de l’intérieur de votre entreprise, faites-le. On aura besoin que la majorité des entreprises, surtout les plus dégueulasses, joue le jeu.
  • Si vous n’êtes pas alignés avec vos valeurs, alors shiftez. N’attendez pas d’avoir 50 ans pour le faire, vous n’avez qu’une vie (contrairement aux chats 🐱).
  • Si vous vous demandez quoi faire, il existe des métiers qui sont vitaux et le seront d’autant plus dans le futur. Hélène Grosbois le résume très bien dans son post sur LinkedIn mais laissez-moi vous en remettre quelques-uns ici :
    • Agriculteur ou maraîcher
    • Biologiste & microbiologiste
    • Ecologue, pédologue, hydrologue…
    • Botaniste
    • Géologue
    • Les métiers de la santé et du social
    • La recherche, l’éducation
    • L’énergie
    • La sécurité
Les esprits de la forêt dans Princesse Mononoke du Studio Ghibli

Ces domaines seront très importants dans le futur pour diverses raisons : la crise environnementale tout d’abord, mais aussi l’instabilité sociale qu’elle génère déjà et va continuer de générer de plus en plus fortement.

Mon cas personnel

Issu d’un cursus scientifique (Informatique), je suis passé depuis maintenant plusieurs années du côté vert de la Force et j’ai rejoint les rangs de celles et ceux qui œuvrent au quotidien pour un monde meilleur.

Ça fait 5 ans que je suis freelance, d’abord en développement web, puis en ajoutant les formations que je donne et désormais depuis 1 an, du conseil en environnement.

Ça fait 3 ans que je communique tous les jours ou presque sur LinkedIn, que je considère comme l’un des meilleurs réseaux sociaux du monde et pour cause : On y trouve des chefs d’entreprise, des députés et de simples citoyens : Le triptyque parfait pour sortir de l’inaction environnementale.

J’écris avant tout pour sensibiliser et tenter d’éveiller les consciences, en réfléchissant à d’autres modes de vie afin de tendre vers une justice sociale et environnementale. Je vous invite à découvrir sur ce site d’autres articles, comme celui sur le militantisme.

En Janvier 2022, j’ai commencé une formation de conseiller environnemental pour continuer à me documenter, apprendre, comprendre et évoluer personnellement et professionnellement.

Estampe japonaise de la grande vague de Kanagawa – Wikipédia

Je me permets de donner un avis je pense éclairé car cette reconversion, je la vis actuellement. Il y a plus de 3 ans maintenant, et même si j’étais déjà bien écolo, la claque est arrivée : Mon métier me gonfle, il n’est pas en adéquation avec mes convictions profondes, et l’urgence environnementale est telle que je décide de quitter partiellement le monde de l’informatique pour rejoindre le côté vert de la Force.

Mais pourquoi quitter mon job « partiellement » ? Car je fais une bascule sur le moyen-terme afin de ne pas me mettre trop en difficulté financièrement. La réalité est là, financièrement j’en bave, moralement aussi, mais j’ai fait ce choix car il m’était impossible de me lever le matin sans avoir une flemme incommensurable à l’idée de bosser à contre-courant de mes convictions. Procrastination, dépression, et le cercle vicieux arrive très vite.

J’avais l’impression de rater le train.

J’avais l’impression que nous étions en guerre et que je traînais à prendre les armes.

J’avais l’impression que tout foutait le camp et que je ne pouvais rien faire pour lutter.

J’avais tort.

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